🖤La naissance de Nyar, un 31 décembre✒
31 Décembre 2024
🖤La naissance de Nyar, un 31 décembre✒📖"A peine trois mois plus tard, le31 décembre. Gudrun donne naissance à une petite femelle, prénommée Nyar. N’ayant eu qu’une seule fille, Taïma, et cette dernière étant toujours avec elle, Gudrun n’éprouve pas l’angoisse de la séparation.
💔Mais la petite est née lourdement handicapée. Le résultat très certainement de ses échouages répétés sur le béton brûlant de la terrasse sous le soleil agressif de Floride, écrasant du même coup la pauvre Nyar dans le ventre de sa mère.
Les premières semaines de vie de la petite femelle, Gudrun tenta de prendre soin d’elle, je l’observais derrière ma grille se comporter en mère aimante, tentant de lui donner un semblant de vie normale. Pauvre petite… Dans la nature elle aurait été aidée par son pod. Mais ici Gudrun est seule, et la survie de Nyar, sans autre aide, me semble compromise car les spectacles et entraînements continuent et la petite se retrouve souvent seule, vous pensez bien que le parc ne souhaitent pas montrer une orque difforme au public…
🖤Mais ce matin, depuis la grille de mon bassin, je vois l’attitude de Gudrun changer juste sous mes yeux. J’émets quelques sons à son égard, tentant de la dissuader, mais elle semble décidée. Son cœur de mère pleure. Mais comme toute maman, elle sait prendre les décisions les plus difficiles pour éviter à son enfant toute souffrance inutile si elle ne peut espérer pour lui une vie juste correcte.
Son regard semble éperdu de douleur, et pourtant elle n’hésite pas, et je la vois se jeter sur Nyar, essayant de la noyer à plusieurs reprises. Les yeux de la petite orque s’écarquillent de terreur, tentant malgré son corps handicapé, d’échapper aux assauts de sa mère et à une mort certaine. Gudrun pèse plusieurs tonnes et Nyar ne fait pas le poids, elle est jeune mais malhabile et peu alerte à cause de son handicap. Je tente d’avertir les dresseurs en m’agitant dans mon bassin et en appelant, mais personne ne semble s’apercevoir de la tragédie qui se déroule ici.
Contre toute attente, Taima s’interpose alors entre Gudrun et Nyar, sauvant sa petite sœur, lui offrant tout du moins un peu de répit, mais s’attirant les foudres de sa mère.
🌊Je respire… Cette petite orque me fait de la peine, être repoussée et menacée ainsi par sa propre mère doit être effroyable pour elle. Je n’ose imaginer sa souffrance. Gudrun semble avoir abandonné son idée d’abréger les souffrances de sa fille, elle se montre même douce avec elle. Cette maudite grille ne me permet que de voir ce qui se passe dans le bassin voisin sans y participer, mais je vis leurs émotions comme si j’étais auprès d’elles, brisant un peu ma solitude en suivant leurs vies.
Les jours suivants, Gudrun tente de noyer Nyar à plusieurs reprises. Impuissant dans ma prison, j’observe Taima s’interposer à chaque fois, sauvant la petite orque terrorisée et éperdue de douleur face aux agissements de sa mère.
Heureusement pour elle, les dresseurs finissent par se rendre compte des choses et à agir en séparant Nyar et en la plaçant finalement dans mon bassin. Quel bonheur de trouver cette compagnie surprise ! Paralysée de peur, handicapée physiquement et mentalement, la petite orque a besoin de douceur et de calme, ce que je lui apporte volontiers, redoutant que l’on ne me retire sa présence."
La naissance de Nyar, par Tilikum
📖Extrait de Tilikum, le crépuscule des orques
📸Inherently Wild
